Germigny-l'Exempt ou Les Trois Deniers de Gaspard

par Emmanuel Legeard

Halte légendaire, sur l’itinéraire gallo-romain de Bourges à Lyon, où Austrégésile entendit des voix, citadelle la plus forte du Bourbonnais de l’an mil, idéal-type d’un village né d’un encastellement, siège de Louis VI qui se solda par l’union des Bourbons à la couronne de France, Germigny devient un archiprêtré représentatif de la « genèse du territoire diocésain » à l’issue de la querelle des investitures de Bourges qui assura le triomphe des principes théocratiques de la réforme grégorienne en Berry et expédia Louis VII en pénitence en croisade. Les croisades, d’ailleurs, imprimeront à l’église de Germigny son cachet d’insolite, car l’archevêque Girard et le comte de Nevers, seigneurs du lieu et contemporains du vœu de reconquête de la Terre sainte formé par Innocent III, se distingueront par leur ardeur dans la répression des Albigeois. Occupée pour sa position stratégique par Bertucat d’Albret et rachetée à prix d’or par Louis II, la ville ne devait décliner qu’après la disgrâce du connétable de Bourbon et la translation de ses biens à un favori insignifiant de Louise de Savoie.

Élève du spécialiste de la civilisation française Pierre Brunel, Emmanuel Legeard est docteur ès Lettres de Paris-IV Sorbonne. Il livre ici les résultats de cinq ans de recherches historiques consacrées à la naissance d’un village exemplaire dans une France en formation.

Germigny Exempt ou les Trois Deniers de Gaspard par Emmanuel Legeard

Préface de Pierre Bonte

On ne peut pas comprendre la France si l’on n’a pas pris la mesure de ce sentiment profond et partagé par tous les Français : l’amour du clocher. De Joachim du Bellay, à qui plaisait mieux son “petit Liré que le mont Palatin”, au secrétaire de mairie éditant à ses frais une plaquette sur l’histoire locale, il a inspiré une littérature d’une abondance stupéfiante.

Quand ce clocher est un rare clocher-porche du 12ème siècle, un trésor d’art roman et de gothique mêlés, au cœur d’un village plus que millénaire, on imagine encore mieux la passion qu’il peut susciter.

C’est elle qui a conduit Emmanuel Legeard à se lancer dans un long et mouvementé voyage à travers les siècles pour reconstituer aussi fidèlement que possible l’histoire de Notre-Dame de Germigny. Afin de situer son importance dans la grande histoire de la France et de la chrétienté, il n’hésite pas à nous faire remonter jusqu’à Charles Martel et au roi Childéric, rafraîchissant au passage quelques lointains souvenirs scolaires.

En le suivant dans son minutieux récit, nous comprenons comment le village de Germigny-l’Exempt, aujourd’hui réduit à 300 habitants, a pu se doter d’une église aussi somptueuse, d’une telle richesse artistique. Grâce à la précision de son regard et de ses commentaires, nous admirons davantage encore les multiples merveilles d’un édifice qui fait la fierté de toute une région.

Comment expliquer qu’en quinze années d’émissions “Bonjour, Monsieur le Maire”, je n’ai pas eu la chance de le découvrir ? Merci à Emmanuel Legeard de combler enfin cette grave lacune !

Dans une période difficile pour la France rurale, où tout se conjugue, semble-t-il, pour décourager ceux qui, comme lui et moi, veulent encore croire en un avenir pour nos villages, son remarquable ouvrage apporte une réconfortante illustration de cet amour du clocher qui nous réunit et dont la force fait parfois des miracles…

Pierre Bonte

Notre Dame de Germigny Exempt - Eglise

Présentation par Guy Devailly

L’église de Germigny est un bel exemple du roman berrichon, sur lequel le travail d’Emmanuel Legeard apporte de nouveaux éclairages, notamment philosophiques ou théologiens. Le projet de l’église de Germigny est contemporain de l’impulsion considérable donnée par l’archevêque de Bourges Richard II pour appliquer dans son diocèse la réforme grégorienne, en mettant fin au patronat laïque des églises paroissiales. Il l’a remplacé le plus souvent par un patronat monastique, ce qui permettait d’éliminer des candidats médiocres. Cet effort correspond bien à l’esprit qui aurait dirigé les constructeurs de l’église de Germigny et rend cette construction d’autant plus intéressante. En faisant parler les pierres, Emmanuel Legeard arrive à concilier différentes approches qui renforcent l’intérêt de ce monument.

Quelques avis

C’est ainsi que je conçois la recherche. »

Françoise Perrot – Directeur de recherche honoraire au Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (UMR 8589 – LAMOP)

It is a joy to know new scholars are still finding much to illuminate. »

Professeur Marcia Rickard – Historienne de l’art, auteur de The Church Triumphant: An Iconographic Study of the Virgin Portal of Amiens Cathedral, Brown University Press (1983)

Pour tout dire, remarquable. »

Gérard Coulon – Conservateur en chef du Patrimoine, archéologue spécialiste de l’Antiquité gallo-romaine et historien du Berry

Un ouvrage qui vient couronner de longues et méticuleuses recherches »

Georges Housset – Chef de la fonction Recherche & Histoire du Centre de Doctrine et d’Enseignement du Commandement de l’Armée

Notre-Dame de Germigny-l’Exempt et Emmanuel Legeard, son ardent et passionné défenseur: une découverte fabuleuse! » 

Anne Gersten – Professeur d’histoire de l’art, auteur de De la grande déesse à la vierge en majesté (Académie royale de Belgique, 2011)

En suivant Emmanuel Legeard dans son minutieux récit, nous comprenons comment le village de Germigny-l’Exempt, aujourd’hui réduit à 300 habitants, a pu se doter d’une église aussi somptueuse, d’une telle richesse artistique. »

Pierre Bonte – Grand reporter, écrivain, animateur de radio et de télévision

L’église de Germigny est un bel exemple du roman berrichon, sur lequel le travail d’Emmanuel Legeard apporte de nouveaux éclairages, notamment philosophiques ou théologiens. […] En faisant parler les pierres, Emmanuel Legeard arrive à concilier différentes approches qui renforcent l’intérêt de ce monument. »

Professeur Guy Devailly – Médiéviste, spécialiste du Berry au Moyen Âge et de la réforme grégorienne. Auteur de l’ouvrage de référence Le Berry du Xe siècle au milieu du XIIIe

C’est clairement un excellent travail dans lequel apparaît bien la double condition pour une réussite: avoir de bonnes sources et avoir une bonne capacité d’interrogation historique. […] Un travail bien pensé et bien écrit. »

Professeur Pierre Toubert – Spécialiste des structures féodales de peuplement, professeur d’histoire de l’Occident médiéval au Collège de France, membre du Conseil scientifique de l’École des chartes et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

J’ai beaucoup apprécié [la] remarquable connaissance du contexte […] Un travail essentiel pour mettre Germigny-l’Exempt à sa juste place. » (*)

Jean Wirth – Professeur de l’Université de Genève, historien de l’art, spécialiste de la théologie médiévale et de l’évolution des systèmes de représentation de l’Antiquité tardive à la Renaissance. Les importants travaux de Jean Wirth font autorité dans le monde entier en matière d’iconographie médiévale et de sémiologie de l’image.

(*) Il est à noter que Jean Wirth a vigoureusement combattu, avec des arguments comme toujours novateurs et percutants, la formule d’Emile Mâle sur la soumission des artistes aux théologiens. Il conteste par ailleurs pour des raisons évidentes de datation que tous les clochers-porches monumentaux aient un rapport avec le domaine royal. Rappelons que notre adhésion à Emile Mâle se limite au seul cas du programme de Saint-Gilles et que nous n’avançons l’hypothèse du clocher-porche comme « marqueur territorial » que pour Germigny quoique nous évoquions, accessoirement, celui d’Ebreuil ordinairement daté v. 1125. Un travail en commun avec Jean Wirth, planifié depuis longtemps et très souhaitable pour l’avancement des connaissances, permettra certainement d’ajuster avantageusement tous ces points et d’autres touchant à l’iconographie.

Une publication qui contribuera à une meilleure compréhension d’un ensemble aussi intéressant. »

Juan Antonio Olañeta Molina  – Spécialiste de l’art roman, professeur à la Faculté d’Histoire de l’Université de Barcelone